France-Algérie:la guerre continue

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Les relations entre l’Algérie et la France se détériorent de plus en plus. Pourtant  un traité d’amitié a été envisagé en 2005, à la suite de la “ proclamation d’Alger “du 2 mars 2003 par les Présidents Chirac et Bouteflika considérés à l’époque comme étant des adeptes d’une “coopération privilégiée». Chirac avait dit en substance à cette occasion

: “… il a été ainsi convenu de préparer un traité pour consacrer  de manière solennelle le partenariat d’exception que la France construit avec l’Algérie, sans oublier les pages douloureuses du passé qui relèvent d’un travail de mémoire qu’il convient de poursuivre entre nos deux pays. “

Ce traité, qui devait être scellé à la fin de la même année par les deux parties, a été mis de coté sine die, à la suite de la déclaration de la loi du 23 février 2005, qui exalte le rôle positif de la “présence française  en Algérie“. Cette loi a fait réagir les autorités algériennes par la voie de  son Président qui s’est exprimé le 4 septembre 2005 dans un meeting tenu à Ouargla (Sud de l’Algérie),disant que :“…Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis,l’ennemi ayant perfectionné ses moyens de torture, d’extermination et  de destruction, faisant de l’Algérie un gigantesque camp de la mort et de la torture ceint de fils barbelés et de champs de mines …“.C’était la réponse du berger à la bergère. Car ce qui inquiète  dans cette loi, ce n’est pas tant sa portée générale  que la stigmatisation qui en est faite autour de la guerre l’Algérie. En effet la loi précise dans son article 5 que l’Etat français interdit toute apologie des “crimes“ commis contre les harkis et les membres des formation supplétives après les accords d’Evian. Affichée d’une façon banale, comme une réparation matérielle et une gratitude symbolique aidant à l’intégration des harkis, la mesure est restée imperceptible au niveau même  la communauté des harkis.

L’article 5 de la loi incrimine  carrément le pouvoir-FLN d’avoir commis des “ exactions  graves“ contre les harkis, abandonnés pourtant officiellement  par la France à la fin de la guerre. Durant cette période trouble les actes de “crime“ ont été pourtant réciproques et en grande partie imputables à l’OAS. Beaucoup d’algériens innocents ont été massacrés par  les membres de cette organisation. Benjamin Stora, philosophe et historien notoire reconnait que la responsabilité est impossible à déterminer aussi bien du coté de la France que celui de l’Algérie au sujet de  ces évènements tragiques de l’après guerre.

Et la loi française n’en parle pas. Comme elle n’admet pas sa “ responsabilité“ dans l’abandon des harkis en 1962.Mais il aurait mieux valu ne pas parler du tout  de cette période, et indemniser convenablement la communauté des harkis. D’ailleurs cette loi n’apporte qu’une mince amélioration à la situation socio-économique  de la population de harkis vivant en France. Les harkis et  leurs orphelins percevront une allocation dite de “reconnaissance “de 2 800 euros par an accompagnée d’un capital de 20 000 euros.

Il ne faut pas oublier que les harkis rentrés clandestinement  en Métropole en 1962-63 (parce que la France n’en voulait pas) ont été parqués tels des pestiférés pendant des années dans des camps de concentration crées officiellement à cet effet.

L’article 4 de la même loi est aussi indécent, mais ne touche pas directement à l’Algérie. Il introduit néanmoins dans les programmes scolaires français la notion de “reconnaissance du colonialisme comme œuvre de civilisation». Ce qui est absolument grotesque, et constitue une insulte pour tous les peuples anciennement colonisés par la France. D’ailleurs le Président Chirac lui-même  aurait avoué en privé à Blandine Kriegel, philosophe et professeur émérite des universités, qu’il s’agit d’une “connerie“.

Le doute quant à la viabilité d’un traité d’amitié entre l’Algérie et la France  existait déjà  au moment même de sa naissance (2005).Aujourd’hui ce projet  serait, dit-on, seulement mis en veilleuse. Il ne serait donc pas mort. Mais en  guise de riposte à la loi du 23 février, l’Algérie attend maintenant  de la part de la France qu’elle reconnaisse son passé colonial et qu’elle se“ repente“ auprès du peuple algérien, comme cela a été le cas récemment  de l’Italie vis-à-vis de la Libye. Ce qui va compliquer d’avantage encore les minces possibilités d’entente qui existaient autour de ce projet.

“…Nous sommes en train de négocier et de faire des efforts avec les autorité françaises pour la conclusions d’un traité d’amitié, mais cela doit se faire sur la base d’une reconnaissance de la France de ce que ce qui appartient à Dieu appartient à Dieu et ce qui appartient à César est à César. Ce n’est pas impossible… “a déclaré le Président algérien le dimanche 28 août 2005 à Béchar (450 km au sud-ouest d’Alger).Cela pour expliquer l’existence d’une commission mixte entre les deux pays, composée de chercheurs et d’historiens pour trouver une forme convenable au futur traité d’amitié. Ce qui représente implicitement un témoignage de vœu pieu des deux côtes pour trouver une solution et sortir du tunnel infernal de l’incompréhension.

Car jusqu’au jour d’aujourd’hui rien n’a transpiré, comme si une autre volenté de nuire aux relations entre la France et l’Algérie s’opposait systématiquement et fortement à toute démarche réconciliatrice. S’il existe un fort  lobby de nostalgiques de l’Algérie française, il serait certainement derrière cette loi, et pousserait dans sa logique à détruire toute approche visant à l’amélioration des rapports entre les deux pays. Dans cette logique ce même lobby attendait certainement plus qu’une simple reconnaissance à travers cette loi. Il a néanmoins réussi à atteindre son but, celui de geler toute alternative à un affermissement des liens entre l’Algérie et la France. Pour l’instant.

Amar Harizi

 

Une réponse à cet article.

  1. Publié par mohamed le 11 novembre 2009 à 12:10

    et que vive lomptemps se fameux lobbye ,que l’ALGERIE cesse ses relations avec la france ,nous serions mieux ,la france est dans un sale état économique et il n’y a que l’algerie pour la sauvé quelle creve la bouche ouverte et vive l’algerie ALGERIENNE

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