La France doit-elle s’excuser auprès de l’Algérie?

   Partager sur Facebook

Guerre d’Algérie : la France doit-elle se repentir ?

 guerr algérie.5jpgguerr algérie.1jpgguerr algérie.3jpgguerr algérie

La demande de repentance de la France pour ses crimes de guerre contre l’Algérie est d’actualité depuis l’adoption de la loi du 23 février 2005.C’est en fait l’Algérie qui aurait lié cette condition à l’éventualité d’un accord d’amitié entre les deux pays, qui était sur le point d’être signé en 2005.

En France le débat n’est pas suscité par les grands médias, peut-être devant le peu d’enthousiasme manifesté par les algériens eux-mêmes. Certains milieux intellectuels  et historiens débattent pourtant, mais  en arrière plan, de ce sujet à travers livres interposés.70% des français seraient d’accord pour que la France se repente, selon un sondage publié par “Le Parisien“. Deux grands courants  apparaissent en France à travers ce déballage : Ceux qui sont contre l’idée de repentance, et ceux qui ne partagent pas cet avis sans pour autant  afficher une opignon claire sur cette interrogation.

Le premier courant, qui bénéficie d’une impulsion par les milieux algérianistes et autres partisans de “l’algérie française“, affiche nettement sa désapprobation par rapport à la question, en affirmant qu’il n’accepterait pas la repentance à sens unique. En clair durant la guerre d’Algérie les algériens à (travers le FLN) auraient  également commis des crimes vis-à-vis des français. Pour ce courant la France, à la faveur de ses consécutives lois mémorielles s’est faite le gardien de la vérité officielle sur ce sujet et a soldé ses comptes avec son  passé colonial, d’une manière générale. Ce courant appelle la France à ne pas accepter ce syndrome et à ne pas regarder le  passé pour se fixer uniquement sur le présent et l’avenir.

Pour justifier une telle position on étaye par l’argument qui voudrait que le colonialisme ai été le fait non pas de la majorité de la population française, mais d’un “parti colonial“ apparu après 1870 pour laver l’humiliation liée à la défaite contre l’Allemagne et permettre à la France de revenir à son rôle de “grande puissance“.

 La repentance ne peut prendre tout son sens que dans la séquence de Vichy. La véritable mémoire pénible de la France reposerait, selon ce courant, sur les deux guerres mondiales, où la plupart des familles ont été impliquées dans ces conflits, que ce soit par le biais de la résistance, de la collaboration ou de l’occupation. Pour une majorité de Français l’Algérie  était un territoire et une préoccupation lointaines. Une affaire collatérale de l’histoire de France.

 

Le deuxième courant ne partage pas du tout ce point de vue. A ses yeux, le rapport de la France officielle au passé ne se définit pas de la même manière, selon qu’il s’agit de Vichy, de l’Algérie ou du génocide arménien, dernier dossier en date à avoir fixé l’intérêt du législateur français. La France n’aurait pas reconnu sa responsabilité sur tous les grands thèmes historiques, et notamment son implication dans la guerre d’Algérie.

La France ne peut pas s’esquiver de cette séquelle que représente la guerre d’Algérie, au motif que “la vérité d’Etat commande“ toutes ces lois mémorielles. En ne se positionnant pas tout fait  sur l’idée de repentance, ce courant voudrait comprendre, à travers son refus de l’amnésie, ce qui s’est passé durant cette période sombre de l’histoire coloniale. Et il justifie sa tendance par la série de lois d’amnistie adoptées par la France  en rapport direct avec la guerre d’Algérie.

La France doit-elle s’excuser auprès de l’Algérie ?

Aux massacres succèdent la torture à grande echelle

Certes, si cela doit permettre la signature d’un traité d’amitié (souhaité par la France et l’Algérie) et enfouir les vieilles controverses. Il faut assainir les comptes une fois pour toutes. Mais pas à son sens unique répondent les uns : Il faut aussi que l’Algérie reconnaisse les pages noires de la lutte pour l’indépendance, la lutte FLN / MNA par exemple, le massacre des harkis puis l’emprise de l’Etat FLN sur la nation après 1962, les émeutes de 1988 et enfin la guerre civile… Voila ce qu’exigent de l’Algérie les opposants à la notion de repentance.

On pourrait aussi ajouter dans le même sens les questions relatives à l’abandon des harkis et leur concentration par la France, après 1962, l’expulsion des marocains d’Algérie en 1975, la ghettoïsation des franco algériens dans les banlieues, le calvaire des sans papiers…Et la liste est longue aussi bien pour la France que pour l’Algérie. Ce n’est pas sérieux !

Les algériens sensibles à cette question veulent d’abord démystifier le mot “repentance“ et plutôt parler de  reconnaissance par la France que la colonisation en Algérie était faite pour dominer et non pour civiliser ».

 Cela présume une conduite à deux stades. Le première consiste à gommer, dans la société et le champ intellectuel, « les traces » de l’idée véhiculée par la loi du 23 février 2005 selon laquelle la colonisation a apporté des « bienfaits aux Algériens ». La deuxième, plus noble, suppose de l’Etat français qu’il reconnaisse “sa responsabilité“ dans les drames, les terribles humiliations, les souffrances engendrées par le système colonial.

Kamel Ahriouil

3 réponses à cet article

  1. Sorry for commenting OFFTOPIC but what Word Press theme do you use? Looks great!

    Répondre

  2. Publié par Algérien montréalais le 31 octobre 2009 à 21:30

    Pourquoi cette polémique survient à chaque 1 er novembre? Ne devrait on pas réapprendre a se connaitre sans l’avis de l’autre, comme pour justifier tous nos échecs accumulés sur l’ensemble des génération par le seul fait de la colonisation, certes cette période dramatique a eu effet néfaste sur la construction de l’algérien, mais n’est elle pas aussi l’élément déclencheur de cette construction, qui nous algériens avons étoffé quelques jours après l’avoir reconquis? Non je crois que la colonisation a elle seule ne peut expliquer le marasme que nos concitoyens vivent quotidiennement, il est plus l’œuvre d’autre algériens, leurs frères par le sang et la terre!
    il est plus judicieux de tourner la page, ainsi pour écrire une nouvelle sans l’entacher ni par la médiocrité de la repentance ni par l’accentuation de la haine, or si de nos jours, la repentance s’impose, elle devrait être réclamer par les algériens eux même(les algériens se sont démarqués de cela), et non par ces gouvernants qui ont réactiver la machine destructive mis en marche par l’ancien occupant!
    Notre identité (pour ne dire nos malheurs et chagrin) est ravalée de manière atroce depuis l’accession a l’indépendance, devrait on mentionner du doigt encore là l’ancien occupant, n’avons pas nous spolié notre identité de sa substance depuis 62 plus que l’ancien occupant en a fait?
    Que reste il de l’algerianté des années cinquante? La colonisation ne l’a fait qu’ émerger mais nos gouvernant sont de bons disciples, ils apprennent sur les échecs de l’ancien occupant, ainsi pour contrer toute tentative de dissidence citoyenne et algérienne, en bon forgeron astucieux , usant des discours lascifs, a conçu une autre algerianté mystique et vidé de toute substance, ou a la fois tout le monde est inclus, et entre temps tout le monde est exclus, car seul lui conçois le moule de cette restructuration, ainsi ni l’arabe, ni le kabyle ni le chaoui s’y retrouve, en laissant croire le citoyen, tout rang confondu , qu’il a sa place!
    Une algerianté fantôme que seule eux et leurs progéniture est trouve place, car ils élargissent et rétrécissent le moule de cette nouvelle identité a leurs guise!
    Je me laisse croire que nos parent n’ont pas demandé à être indemnisé ce que leurs parents a leurs tours ont subi de la part de l’ancien occupant, seulement ils se posé comme acteur et non comme victime, ainsi ils ont compris la seule repentance de la France c’était de l’asseoir a la même table et de réclamer l’indépendance de l’Algérie, ainsi ne devrait-on pas s’en inspirer ?,
    Aujourd’hui il est plutôt question de réclamer la repentance d’un gouvernement envers son peuple, au lieu de se laisser distraire par ces paroles insensées qui ne font, qu’éterniser ces médiocre a la tètes de nos institution chèrement payées, ainsi il use de ces occasion (1 er novembre) pour nous faire croire qu’il est soucieux de cette nation, identité et autres !

    Répondre

  3. Publié par ahmed benhamou le 13 octobre 2009 à 15:21

    Et pourquoi pas aussi la repentance de ceux qui ont massacré des innocents (algériens musulmans) en Algérie pendant la guerre civile?Bien sur que le colonialisme est une chose ignoble qui n’a jamais servi les peuples sous sa domination.Mais ceux qu’ont fait les “hommes armés”,les terroristes (appelez les comme vous voulez)ont commis des atrocités aussi monstrueuses que celles imputés au colonialisme français.
    Je crois qu’il faut tourner la page et regarder l’avenir.les algériens ont besoin de travail de liberté et de dignité.
    Le jour viendra certainement où la France présentera ses excuses au peuple algérien.Cela viendra tout seul,pas sous la contraint.Mais ce n’est pas pour aujourd’hui.

    Répondre

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.