Les billets de K.Ahriouil


SOMMAIRE (5 posts)

L’injustice. 1

Le passé et le présent….. 2

L’homme et la mort. 2

Le maghrébin. 3

La Statue de la Sirène.4

 

L’injustice

27/10/2009

On construit des prisons, et on s’évertue de faire du bien à la société, parcequ’on s’imagine que les “marginaux“ n’ont pas le droit de cité. On doit les enfermer, c’est la loi. Mais la loi ne s’applique pas de la même manière pour tous. Et cela arrive partout à travers le monde. Il y a des pays qui font moins dans cet abus, il y a d’autres qui font pire. Mais la loi reste différente, selon que l’on soit noir ou blanc, riche ou pauvre. C’est une norme quasi  universelle.

Mais qui sont les marginaux, je me le demande ? Est-ce ceux qui sont déjà enfermés dans l’oisiveté, l’ennui et le désespoir et qui n’ont d’autre alternative que de défier l’ordre établi, ou bien ceux qui se mettent au dessus des lois ?

C’est la sempiternelle question. Et le monde avance dans l’injustice des hommes sans que rien ne bouge. Un monde sans lumière, sans paix, aux mains des vautours .Ceux –là même qui se permettent de juger. L’ordre est le même quelque soit le contexte. Prenons par exemple  le cas des Nations-Unis.Un conseil sensé établir l’ordre et une justice égale pour tous les Etats et  les Peuples. Seuls les Etats puissants et leurs protégés font la loi dans ce conseil.

Israël, par exemple, n’a jamais été condamné pour ses crimes commis en Palestine, au Liban…ni ses dirigeants inquiétés par une quelconque juridiction internationale. Et les Etats concernés se plaignent parfois de cette situation de droit anachronique, mais oublient qu’ils font pire à leurs propres communautés. Jadis et encore aujourd’hui les hommes épris de paix et de liberté qui ont combattu ou qui combattent encore l’injustice sont traités  de “terroristes».

Ceux qui luttent pour les idéaux de liberté de justice et d’égalité sont souvent  qualifiées d’ “anarchistes“, de “gauchistes“ et même d’ “extrémistes». Avant que, des années voir des siècles plus tard, leurs mémoires ne soient  vénérées, sanctifiées. L’injustice avance plus vite que l’équité, et ce que renverse la résistance des forces du bien est vite remplacée par d’autre situation de mal. Et le désordre s’enchaine.

 Alors on augmente  le nombre de prisons et on enferme les gens, beaucoup plus de gens, parce qu’on ne trouve pas de solutions aux problèmes …C’est la quadrature du cercle, l’ordre assujetti  à la balourdise.

L’injustice est partout dans le monde. La  justice ne pourra, peut-être jamais, habiter  le cœur des hommes, car la cupidité et le gout du pouvoir ne lui laisserait pas beaucoup de place. Mais il existe des hommes généreux, prêts au sacrifice, prêts à servir.

(Extraits)

“La justice n’est pas une vertu d’Etat“ (Corneille., Pomp.1, 1)

Le passé et le présent…

 

02/11/2009

A travers le passé, si présent, rempli de violence et de sang, je vois des militaires bizarres qui tirent sur des hommes qui partent, le visage pétrifié face à la furie de la soldatesque. Ou des gens qui s’isolent avec femmes et enfants dans leurs bouges comme des rats poursuivis, attendant la nuit comme une trêve à leur calvaire. La veille, un homme “noble “avait été assassiné par la vermine qui  gangrène le pays. Les insurgés, ceux qui refusent l’ordre de la République…

Je vois aussi des enfants mendier leur pain, cirant les bottes des colons devant  des bistrots en fête, sous les lampions de la République…Je vois des villages en flammes, disparaitre après sous un nuage de fumée noire, et des files d’enfants et de femmes en guenilles, escortées telles des bêtes hors des “zones interdites“. C’était hier.

Mais les rebelles m’était invisibles, insensibles même, cachés dans les maquis proches, je ne pouvais les voir même dans mes souvenirs, sauf quelques uns, morts, qu’on n’avait pas le droit d’enterrer.

Je vois aussi mon ami d’enfance, Jean-Pierre, le fils du facteur. Dans sa chemise d’été immaculée il part tranquillement en gambadant sur un grand boulevard bordé de fleurs et d’arbres sous la clarté d’un ciel bleu. Je vois son sourire et sa quiétude au sortir de l’église, un dimanche de Pâques.

C’était hier. Le temps si immobile s’est vite ébranlé et Jean Pierre est parti de son village, sans retour. Et les gens sortaient de leur misère pour voir le soleil et un bateau partir dans les eaux bleues d’une mer tranquille. L’indigence et le malheur ont chassé la puissance et le déni. C’était hier.

(Extraits)

 

“Les évènements murissent, et voila les révolutions“ (Montesquieu., ESP. XXVIII, 39)

L’homme et la mort

07/11/2009

L’homme ne se souvient pas du moment où il doit  quitter la terre pour s’évanouir dans le profond sommeil de l’oubli, à l’écart de l’épreuve et de la raison. De toutes ces drôleries qui font la vie. Il est seul à attendre l’ouverture du ciel, cette bouche géante où tant d’âmes se sont engouffrées, depuis la nuit des temps.

La mort est comme la naissance, un évènement accidentel, instantané et infus. Mais au contraire de la naissance, on part seul vers une destination inconnue, un espace pur et fabuleux. Et durant le premier envol, on peut voir du ciel tout ce qu’on a laissé sur terre, comme si l’on vivait encore. On part avec le goût amer d’avoir vécu. Mais on n’a plus de sensation, plus de goût, plus d’appétence. Dans l’inconscience de ce qui l’attend, l’homme voudrait errer encore dans ces grands espaces qui font l’infini, tant la tentation reste chez lui un règle de survie.

Le voila  seul face à son aventure. Dans ce grand passage où l’homme est assis à coté de l’homme, rien ne remue pourtant. Aucun élément prodigieux ne vient troubler sa conscience, face à la cupidité de son cœur, de son âme. Une âme déchirée entre la vicissitude du bonheur, du pouvoir et l’élan vers la probité des seigneurs. Princes, voleurs et humbles sont logés à la même enseigne, sous le même toit, sur le même sol, portant le même habit-la nudité-face à un même destin. Mais l’homme ne se rend pas compte de sa nudité, de son ignorance, de sa démence.

Depuis le premier homme de la création jusqu’au dernier qui marquera la fin de l’humanité, la fin d’un cycle, tous attendront dans ce passage où l’on s’interroge parfois sur sa propre existence, sur le factuel et l’imaginaire, le jugement et la folie. Avant et après l’homme, les Univers, les autres formes de création, tout se mélange dans une infinie recherche de l’absolu.

Dans ce lieu illusoire l’homme accepte de vivre encore dans son passé tout en se projetant sur l’avenir dans une démesure propre à sa faiblesse. La vie, cet écart minime dans l’espace et le temps, devient  sacrée, absolu et l’homme s’enferme dans le vide. Il appréhende la mort comme un coup d’arrêt à son rêve. L’homme s’image prince, voleur ou humble dans ce grand passage, qui est la vie, jusqu’au moment  de son éveil, de sa prise de conscience.

Alors il ne se rend pas compte que le monde est déjà fini.

(Extrait)

“Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorence, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser. “ (Pascal. Pens. IV,5)
“La vie est un sommeil ; les vieillards sont ceux dont le sommeil a été le plus long : ils ne commencent à se réveiller que quand il faut mourir. “ (La Bruy., IX)
 

Le maghrébin

 

08/11/2009

Quand on se regarde, quand on se parle, on découvre qu’on appartient à la même race, qu’on parle la même langue. Et pourtant on s’évite, on va quérir ailleurs cette  impression de vie, l’aplomb et la foi qui nous manquent. On quitte sa maison pour aller s’établir chez l’autre avec tous les écueils  et l’aversion que cela cause. On se fait étranger et on s’y plait.

Pourtant quand on se regarde, quand on se parle on n’est pas étrangers entre nous, chez nous. On appartient à une même terre, vaste et nourricière, meilleure que celle de l’autre. Cet autre qui l’a si longtemps convoitée et exploitée, et que nos aïeux ont payé de leur sang. Alors, quand nous ne pouvons pas partir, on se cloitre chez nous, on trace des frontières et on s’isole, on ne veut plus se voir sous des prétextes fallacieux. Et le temps qui passe fortifie l’autre et nous affaibli en même temps. On trouve qu’on est bien chez l’autre et on se parle, enfin. Chez l’autre.

Chez l’autre, tout est possible, l’exil nous réunit et exalte en même temps notre amour du  pays. Chez l’autre on n’est plus marocains, algériens ou tunisiens. On est maghrébins, on est arabe ou musulman. Souvent ces termes prêtent beaucoup à équivoque et excitent la haine raciale. Alors on se terre, on rase les murs, on ne se fait plus remarquer, le temps que la tempête s’estompe. Et à chaque fois que la Palestine souffre, que l’Irak s’engouffre dans la guerre ou que des attentats se produisent quelques parts en Occident, on a peur qu’on nous fasse partir.

Pourtant chez nous, nos vastes campagnes, nos mines et nos usines ont besoin d’hommes et de femmes, mais nous ne savons quoi faire face à l’inconscience des hommes qui nous accompagnent. Quand l’intelligence est refusée, le pouvoir se confond avec la violation et le crime. La misère mine les esprits et les corps. Et on fait de notre exil l’exutoire vers le salut. Alors que le salut se trouve en chacun de nous. Parce que nous avons voulu faire de notre destin une diaspora sans terre ni attaches, nous payons le fruit de nos erreurs.

Quand on se regarde, quand on se parle, on ne se rend pas compte du temps que l’on perd à se déposséder à devenir ce que nous ne sommes pas. Et la haine, trop souvent, guident nos pas vers l’incertitude. Alors on nous fabrique des tentations, l’illusion d’être ensemble tels des frères.

“L’exil est quelquefois, pour les caractères vifs et sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort. “ (Staël, Corinne)
“Ces peuples si braves et si belliqueux, et que vous dites qui sont nés pour commander à tous les autres, fuient devant une armée composée de nos cochets et de nos laquets,…“ (Voltaire)
“Chaque peuple a le sien (gouvernement) conforme à sa nature, qu’on ne saurait changer sans lui faire une injure“(Corneille)

La statue de la Sirène

12/11/2009

La Statue de la Sirène de Copenhague n’est pas seulement une œuvre d’art que les touristes découvrent en se rendant au Danemark. Cet objet renferme beaucoup de symboles qu’on ne peut découvrir à l’œil nu. Il n’est pas seulement propre à ce petit pays, le Danemark ; il appartient à tout un monde caché fait d’hommes et de femmes étranges aux êtres sensibles que nous sommes. La statue fait office de porte à un univers qui n’a jamais connu la déchéance humaine faite de cupidité, de corruption de l’esprit, d’injustice et de déloyauté envers les autres. C’est pour cette raison que la misère n’a jamais traversé cet espace fait de justice et de liberté.

Et toute la Scandinavie est un immense havre de paix et d’amour où vivent toutes les races en parfaite communion. La Statue de la Sirène représente pourtant cette dynastie arienne qu’on a voulu imposer à un monde en décrépitude dans la plus effroyable guerre que l’histoire ai connu. De race prédominante,descendant des vikings,des vandales, l’homme blond de Germanie,le scandinave est pourtant un être sensible, calme et sociable, qui a su faire de son territoire un asile pour tous les fugitifs et objecteurs de conscience…Le monde entier envie l’évolution de ces sociétés vers  le progrès et le bien-être.

Et pourtant ce n’est ni l’intelligence, ni la supériorité physique de ces hommes, de grande taille, qui font leur distinction avec leur système d’organisation économique et sociale qui reste un modèle pour tous.Non.Ce n’est pas non plus leur religion qui faitt d’eux ces êtres si enviés mais jamais égalés dans tout ce qu’ils entreprennent pour le bien de l’humanité.

Ce pays froid où les cœurs sont chauds transmet des gènes à ses habitants qu’on n’a jamais pu isoler, importé dans nos contrées, afin de guérir les esprits .Non, jamais.

Ce gène ou virus ne peut vivre qu’en Scandinavie. En dehors de son terroir il meurt au bout de vingt quatre heures. Alors on l’ignore, faute de pouvoir le maitriser. On s’échine à faire le mal parce qu’on est incapable de faire le bien et on s’étonne ensuite de la misère et de la dégénérescence de nos cités. Ce virus, pourtant, est à la base de toute organisation humaine, c’est l’essence même de l’idéal de l’homme sur lequel se fondent toutes les religions : LA JUSTICE.

 

3 réponses à cet article

  1. Publié par mahdi RAFAA le 14 novembre 2009 à 14:29

    Votre billet :La statue de la sirène est excellent.Il renseigne parfaitement de la situation de non droit qui domine dans les pays du sud et notamment les pays arabes.Bon courage et surtout continuez.

    Répondre

  2. Publié par madda le 13 novembre 2009 à 18:55

    toutes les articles sont gènial.fati

    Répondre

  3. Publié par madda le 7 novembre 2009 à 11:30

    bjr, vous etes extrat , que dieu vous benisse . fati

    Répondre

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